Quel kayak de pêche choisir ?

Quel kayak de pêche choisir ?

  • Post last modified:12 avril 2020
  • Post published:22 décembre 2019
  • Post category:Matériel
  • Post comments:7 commentaires

La pêche en kayak a le vent en poupe et cela se voit. Là ou avant le choix se faisait entre quatre ou cinq modèles conçus ou adaptés pour la pêche, le pêcheur a maintenant le choix entre plusieurs modèles dans chaque marque, souvent déclinés eux-mêmes en plusieurs tailles. Par conséquent, lorsque l’on est novice dans ce domaine, on est en mesure de se poser de nombreuses questions sur le modèle adapté. Certains rechercheront uniquement le modèle le moins cher, d’autres le meilleur rapport qualité/équipement/prix, d’autres chercheront l’innovation. Dans cet article je vais vous aider à choisir le kayak le plus adapté à votre pêche.

Quel budget pour un kayak de pêche ?

Les pêcheurs qui se mettent au kayak sont plus souvent des pêcheurs qui pratiquent depuis le bord que des pêcheurs en bateau délaissant leur embarcation motorisée. Comme bien souvent, une envie d’aller un peu plus loin et de découvrir d’autres sensations est à l’origine de cet achat. Le budget est souvent le facteur prédominant lors du choix du modèle de kayak.

Globalement, on peut dire qu’un kayak pour la pêche coûte entre 400 et 6000€, qu’il soit neuf ou d’occasion.

Si votre budget est limité, ne sautez pas sur le kayak le moins cher, ni sur un kayak qui n’est pas adapté pour la pêche. Vous pourriez être déçu ! La revente des kayaks réputés et fiables se fait généralement bien et la décote est assez faible.

Acheter d’occasion ?

Acheter un kayak de seconde main peut rendre accessible un modèle techniquement supérieur à quelqu’un qui aurait un budget limité. Parfois on peut aussi considérer qu’un modèle d’occasion tout équipé nous coûterait aussi cher que si on achetait la coque nue, neuve.

Les kayaks pour la pêche sont majoritairement conçus en polyéthylène de plusieurs millimètres d’épaisseur. Par conséquent, les risques lors de l’achat d’un modèle d’occasion sont faibles au niveau de la coque. Les rayures superficielles sous la coque résultant de manipulations du kayak sur un sol abrasif (goudron, galets, etc) ne doivent pas vous effrayer, leur impact sur la navigation est minime.

La principale attention à avoir se situe donc sur les parties métalliques ou mobiles comme le gouvernail ou le système de propulsion. Ces éléments peuvent être compliqués à manipuler ou au contraire avoir beaucoup de jeu dans le cas d’un entretien peu soigné.

Type de propulsion

Le choix du type de propulsion sera souvent contraint par le budget. Un kayak à pagaie étant plus accessible qu’un modèle possédant un système de propulsion. Le supplément tarifaire entre les deux catégories peut effectivement être élevé mais les avantages qu’apportent un kayak à pédale peuvent amener à revoir son budget à hausse pour éviter tout regret à posteriori.

Kayak à pagaie

Le kayak a pagaie est une embarcation dont la propulsion se fait avec les bras. La plupart du temps, il s’agit d’un SOT (Sit On Top) qui veut littéralement dire « Assis dessus ». C’est-à-dire que ce kayak possède une assise moulée dans la coque, parfois accompagnée de cale-pieds, moulés eux aussi. La coque est généralement fournie avec un dossier permettant d’améliorer le confort et de divers points d’attaches. Suivant la technicité, il peut aussi disposer d’un gouvernail, d’un puits de sonde et de divers rangements.

Galaxy kayaks Allboran sur une plage

Certains font également le choix du kayak ponté pour la pêche mais ce sont généralement des pratiquants confirmés qui veulent rester dans une pratique puriste du kayak de mer. Les rangements sur ce type d’embarcations sont très limités, la stabilité également.

Un modèle à pagaie est souvent l’achat naturel pour toute personne se lançant dans la pratique, et parfois, une étape de transition vers le kayak à pédale.

Kayak à pédale

Ceux qui y ont goûté ne reviennent pas au kayak à pagaie. Mains libres, vitesse, positionnement sur les spots, confort dorsal, fatigue réduite, etc. Nombreux sont les avantages de la propulsion à pédales ! J’ai pratiqué pendant plusieurs années la pêche en kayak, à la pagaie, sur des modèles différents, dans un confort parfois précaire. Le “pédalo”, comme on peut souvent l’entendre, m’a réconcilié avec la pêche en kayak.
Deux grandes catégories de propulsion à pédale sont disponibles sur le marché : les pales et les hélices.

Hobie outback du rédacteur

Les pales fonctionnent à la manière des ailes des pingouins par des va et viens sous l’eau. Pour utiliser ce système, on effectue un mouvement de poussée avec les jambes, de la même façon qu’on monte un escalier. C’est ce système qui équipe les kayaks Hobie.

Le système à hélices est plus simple à comprendre, il s’agit d’un pédalier, type vélo, qui actionne une hélice via des engrenages. Généralement l’hélice est bi-pales mais elle peut en comporter trois sur certains pédaliers. Plusieurs types de pédaliers existent chez Jackson Kayaks, Old Town, Native Watercraft ou encore Galaxy Kayaks.

Le choix entre les deux systèmes dépend beaucoup des goûts de l’utilisateur. Pour ma part, le silence des pales, la facilité de mise en place du pédalier et surtout les sensations au pédalage m’ont fait préférer le système Mirage Drive à pales.

Caractéristiques du kayak

Chaque kayak possède des caractéristiques de navigation liées à la forme de sa coque. Voici quelques informations vous permettant de choisir le kayak de pêche le plus adapté.

Longueur de la coque

Contrairement aux idées reçues, une coque de grande taille sera plus rapide qu’une coque courte, l’inertie due au poids et une meilleure stabilité dans les vagues limitant la perte de vitesse.

Outre l’aspect législatif qui vous oblige à posséder un kayak de plus de 3.5m pour pouvoir vous éloigner de plus de 300m du bord, une grande coque apporte des qualités de navigation supérieures. En eau douce, un kayak plus petit pourra être pratique pour manœuvrer plus facilement.

Forme de la coque

L’étrave du kayak vous donnera des informations sur son comportement face aux vagues. Une étrave verticale (Hobie Revolution) passera très bien la vague mais vous serez soumis plus fortement aux embruns. Une étrave en « V » très prononcé (RTM K-largo) sera désagréable d’un point de vue navigation car le kayak aura tendance à taper dans la vague, mais vous serez beaucoup plus au sec. A vous de trouver l’équilibre entre ces deux profils.

La forme du fond de la coque quant à elle aura une influence sur le roulis et donc sur la stabilité. Un fond plutôt rond (RTM Disco) aura un roulis plus important qu’un fond plat. Le profil le plus stable étant l’aile de mouette, à la façon d’un multicoque (Hobie Outback 2019).

Rotomod Disco au coucher du soleil

Enfin, si la forme de la coque joue sur la stabilité, c’est surtout sur la largeur au niveau de l’assise qu’il faudra être attentif. En dessous de 70cm de largeur, le kayak pourra être instable dans des conditions agitées, entre 70 et 85cm, la stabilité sera bonne, bon nombre de kayaks de pêche sont dans cette fourchette. Au-dessus de 85cm la stabilité sera excellente, y compris par mer agitée, cependant, vous perdrez un peu en vitesse.

Capacité

Cette caractéristique est liée aux deux précédentes puisqu’un kayak avec de grandes dimensions pourra supporter une charge supérieure. Ici, il n’est pas question que de matériel mais bien d’un ensemble comprenant le pêcheur et son équipement. Ainsi, les grands gabarits iront naturellement choisir un kayak ayant une plus grande capacité de chargement que les autres. La stabilité et le comportement en action en dépendent, soyez donc attentif à ce détail.

Poids

Un kayak de pêche pèse le plus souvent 30-35kg, mais certains dépassent les 50kg. On parle ici de poids à vide. Il faut souvent compter une bonne dizaine de kilos supplémentaires pour l’équipement. Si en action de pêche un kayak lourd se fait oublier c’est surtout pour la manipulation hors de l’eau qu’il faudra faire attention. Le chargement sur le toit, sur une remorque ou tout simplement le fait de le trainer sur son chariot peuvent devenir compliqués avec un kayak très lourd. C’est un paramètre à prendre en compte.

Essayez avant d’acheter

De la même manière que l’on essaye une voiture ou un vêtement, on devrait toujours essayer un kayak avant l’achat. Les différentes marques et revendeurs disposent aujourd’hui de nombreux “pro-staff” ou testeurs dont je fais partie. Ces personnes ont des produits souvent récents et sont généralement disponibles pour un essai, n’hésitez pas à les contacter.

Essayer un kayak se fait, si possible, en conditions de pêche ou à défaut, sur une période assez longue pour se faire un avis.

Il convient de vous assurer de votre confort, de la liberté de vos mouvements ou encore de votre stabilité. Un bon exercice consiste à essayer d’accéder aux divers rangements disponibles, qu’ils soient devant ou derrière soi. N’hésitez pas à jouer sur les réglages, notamment du siège, pour trouver une place confortable. Dans le cas d’un kayak à pédale, la fluidité et la facilité d’utilisation du pédalier seront à observer en priorité mais la manipulation du gouvernail ne sera pas non plus à négliger.

Bien évidemment, essayez de vous adresser à un spécialiste. Il existe malheureusement des revendeurs de kayaks de pêche qui ne sont pas pratiquants. Difficile dans ces conditions d’avoir un avis argumenté. Méfiance donc pour éviter d’être déçu par l’achat d’un kayak de pêche qui ne correspond pas à votre programme.

Gros bar pris sur un kayak de pêche

Cet article a 7 commentaires

  1. Letellier

    Que pensez vous du freedom 12

    1. La pêche technique

      Bonjour, je n’ai jamais eu l’occasion de voir ce kayak en action de pêche. Ceci dit, j’ai quelques doutes sur la réelle utilité du déploiement des stabilisateurs. Certains kayaks permettent aujourd’hui de pêcher debout tout en disposant d’une coque entière avec de bien meilleures qualités de navigation et disposant d’une propulsion à pédales. Je serais quand même curieux de pouvoir le tester mais sur le papier, cela reste un gadget.

  2. GILLES MERCIER

    bonjour
    avec un kayak de 4.09m eprouvé pour aller au dela des 6 milles
    doit t’on mettre des stabilisateurs

    1. La pêche technique

      Bonjour, il n’y a pas de réglementation concernant les stabilisateurs. Ils peuvent être utiles lorsque le kayak est peu stable à l’arrêt ou dans le cas de pêche de gros poissons pour éviter de se retourner. Aujourd’hui les kayaks de pêche sont généralement stables et ne nécessitent pas l’ajout de stabilisateurs.

  3. Jean-Philippe

    Bonjour, des retours ou avis concernant le POINT 65°N KINGFISHER, naturellement c’est le coté modulable qui m’attire.
    Ce serait mon premier Kayak de pêche, en parallèle d’un Float Tube.

    1. La pêche technique

      Bonjour, je n’avais jamais entendu parler de ce kayak avant. J’aurais quelques doutes sur la fiabilité de la jonction avec le temps, d’autant plus qu’elle se situe au niveau du siège.

  4. Paulin

    Bonjour, Votre article évoque les Kayaks de la marque Galaxy avez testé leurs modèles à hélice (Wahoo S Série) ou à pale (Alboran FX2) si oui qu’en diriez vous ?

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